Tropical beach

Camping les terrasses de l’ouvèze, le week-End où j’ai douté de mon emplacement

Le gravier a crissé sous la caravane, et l'odeur de pin mouillé m'a sauté au nez devant le portail du Camping Les Terrasses de l'Ouvèze. Depuis la région de Clermont-Ferrand, je suis partie 2 jours en Ardèche pour poser notre caravane Adria 1998, avec mon compagnon, sans enfants. En tant que Rédactrice spécialisée en voyage outdoor et camping pour magazine en ligne, j'avais un vrai doute sur cet emplacement et je voulais l'examiner sans me laisser séduire par la vue.

Je suis arrivée avec cette petite assurance qui me prend par moments au début d'un séjour. J'étais sûre de moi, puis j'ai levé les yeux vers la pente et j'ai vu les arbres plier déjà. J'ai été frappée par le vent qui passait entre les branches, alors qu'il n'était même pas 16 heures.

Quand le vent a pris la place avant nous

Le premier détail qui m'a gênée, c'est le sol. Le gravier roulait sous mes semelles, et il ne donnait aucune prise nette aux sardines. J'ai sorti le maillet, puis j'ai planté la première fixation trop près du bord. Au bout de 12 minutes, je voyais déjà qu'elle remonterait au prochain coup de rafale.

Ma Licence en Tourisme et Loisirs (Université Clermont Auvergne, 2012) m'a appris à regarder le relief avant les photos du site. Là, j'ai compris que la haie basse ne protégerait pas tout. En 12 ans de travail rédactionnel, j'ai vu assez de séjours mal placés pour reconnaître ce genre de piège au premier regard.

Je me suis retrouvée à faire deux allers-retours entre la caravane et le petit coffre, les doigts déjà froids. Le loquet de la porte vibrait à chaque souffle, et la toile fine claquait par petites saccades. Mon compagnon et moi, sans enfants, avons fini par parler à voix basse, comme si le terrain pouvait nous entendre.

La nuit où la toile a claqué sans pause

À 19h30, le ciel a viré au gris sale, et le calme du début s'est cassé d'un coup. J'ai entendu un bruit sec sur le toit, puis un autre, plus long. Je me suis sentie moins maligne que prévu, surtout quand la première rafale a tordu la petite guirlande au-dessus de la table pliante.

Cette nuit-là, j'ai compté les chocs du vent sans le vouloir. La paroi côté nord faisait une vibration sourde, presque continue. Le matin, j'ai trouvé une goutte d'humidité au bord de la fenêtre, juste au niveau du joint, et ça m'a rappelé mon séjour raté dans le Puy-de-Dôme.

Là-bas, j'avais déjà dû repartir après une mauvaise vérification de l'arrivée d'eau, et la nouvelle réservation m'avait coûté 50 euros. Je n'ai pas revu ce type de souci en Ardèche, mais j'ai gardé la même prudence. J'ai aussi compris, un peu tard, que le terrain sec ne dit pas tout. Le vent, lui, raconte vite la vérité.

Le matin où j'ai changé d'avis

À 8h10, j'ai ouvert la porte avec un goût de café encore trop amer dans la bouche. Le sol avait gardé la fraîcheur de la nuit, et je voyais mieux les traces du passage du vent sur les feuilles. J'ai hésité une bonne fois avant de déplacer l'ensemble. Puis j'ai fini par lâcher l'affaire et demander un emplacement plus abrité.

Le changement s'est joué sur 8 mètres, pas plus. Pourtant, la sensation n'avait rien à voir. J'ai replacé les roues, puis j'ai resserré la sangle de 2 crans. Le simple fait de tourner la caravane m'a rendu l'air plus calme à l'intérieur.

Les repères de la Fédération Française de Camping et de Caravaning m'ont servi de fil conducteur sur ce coup-là. J'ai regardé l'exposition, la ligne des arbres et la façon dont l'eau ruisselait entre les emplacements. L'Office de Tourisme National m'avait déjà appris à me méfier des terrains beaux à midi, puis hostiles à la tombée du jour.

Ce que je garde quand je suis rentrée par la route

Au bout de 3 nuits, j'ai vu la différence dans des détails minuscules. La table ne vibrait plus, la vaisselle ne tintait presque pas, et je pouvais dormir sans tendre l'oreille à chaque rafale. Mon compagnon et moi, sans enfants, avons même pris le petit-déjeuner dehors sans relever le pare-vent une seule fois.

En repartant, j'ai noté un total de 47 euros pour les extras du séjour, haubans compris et petit détour de dernière minute. Ce n'est pas le genre de week-end qui donne envie de fanfaronner. C'est plutôt celui qui m'a remise à ma place, avec une forme de douceur un peu rugueuse.

Je suis rentrée par le col de la Croix-Morand avec cette idée très nette que le confort commence avant l'installation. Pour quelqu'un qui accepte de retendre une toile, de déplacer deux piquets et de dormir avec un peu de vent, ce séjour m'a paru juste. Moi, je garde surtout l'image du portail du Camping Les Terrasses de l'Ouvèze et du bruit sec du gravier sous les roues.

Célestine Lévesque

Célestine Lévesque publie sur le magazine Camping Retro des contenus consacrés au camping, au voyage outdoor et à la préparation de séjours en plein air. Elle traite notamment des emplacements, des hébergements et des usages liés au voyage itinérant avec une approche claire, structurée et utile pour le lecteur. Retrouvez son profil complet et l’ensemble de ses articles sur sa page auteur.

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